Scandale d'Achères et risques pour la Seine : Aimer Paris seul mouvement à se préoccuper vraiment d'écologie !

14/10/2019

 

 

EAUX TROUBLES EN J’ACHÈRES

 

Le 3 juillet dernier, la plus grosse station d’épurations d’eaux usées située à Achères (Yvelynes) a pris feu, sans qu’on en connaisse encore aujourd’hui la cause réelle.

 

Cette station traite 70% des eaux usées de l’agglomération parisienne. Compte tenu de l’incendie, les eaux traitées ont été partiellement détournées sur 5 autres sites, mais il faudra plusieurs années pour reconstruire les installations détruites. En attendant on va bricoler avec les moyens du bord.

 

L’incendie a provoqué un gros nuage de fumée noire, ce qui n’a pas manqué d’inquiéter la population, s’agissant d’un site Seveso. Une pollution de la Seine en aval de l’usine a entraîné la mort de plusieurs tonnes de poissons, par manque d’oxygène due à un déversement intempestif d’eaux partiellement traitées contenant des produits azotés, des phosphates et autres produits organiques. Même si cette pollution s’est estompée en quelques jours, le retour à la normale n’est pas encore total. Une surveillance renforcée de la teneur en oxygène est toujours en cours avec des résultats disponibles sur le site du SIAAP, organisme d’économie mixte gestionnaire du site.

 

Le feu a pris sur un stockage de chlorure ferrique qui se trouvait au cœur des installations. On a beau rassurer la population : les cuves en plastique qui ont cramé ainsi que les tuyauteries plastique laissent quand même planer quelques doutes sur la non toxicité des fumées, mais surtout, le chlorure ferrique, FeCl3, brûle en dégageant de l’acide chlorhydrique, tout de même pas anodin. Par ailleurs le chlorure ferrique, produit hautement corrosif, adore l’eau, avec laquelle il dégage une réaction exothermique (bref il chauffe quand on le mouille et absorbe l’humidité). J’imagine sans mal que son déversement dans la Seine n’a pas non plus été sans conséquences sur la faune aquatique. De plus un orage survenu quelques jours après a engorgé ce qui restait de la station et envoyé d’autres eaux non traitées dans la Seine.

 

Ajoutons pour faire bonne mesure que les pompiers ont eu la « bonne » surprise de ne pas pouvoir installer leurs lances à incendie sur les bornes, car les canalisations passaient sous le bâtiment en feu. Il leur a fallu faire venir un bateau pompe, ce qui évidemment leur a fait perdre un temps précieux.

 

Bien entendu ce genre d’accident entraîne toujours des polémiques, surtout quand le traitement de l’information, comme d’ailleurs à Rouen, est très mal conduit et cherche à minimiser les dégâts au lieu de dire la vérité et de proposer les mesures qui s’imposent.

 

Seulement, le SIAAP n’est pas 100 % innocent dans cette histoire. Cet incendie est le 4e en un an, et le 11e « incident » depuis le 10 avril 2017. Les syndicats, FO en tête, se plaignent d’un management féodal, d’un CHSCT à qui la direction occulte des informations, les grèves sont récurrentes, la préfecture des Yvelines a envoyé 4 mises en demeure depuis 2017 pour des manquements à la réglementation et une pénalité en vue de l’obligation de procéder à des travaux qui n’ont jamais été faits : pas grave, on paie les amendes, c’est l’argent du contribuable, qu’on peut cramer à merci. Pour le coup d’ailleurs c’est bien cramé. Passons sur l’irrégularité fortement probable de marchés publics, parce que ça, en France, c’est devenue une telle habitude qu’en fait, c’est la norme. Il serait prévu un audit courant 2020. Il a fallu attendre un incendie de cette ampleur pour que le ministère réagisse ? A quoi a donc servi le travail de la préfecture ? Et que font les administrateurs du SIAAP ?

 

Le SIAAP ou Syndicat Interdépartemental d’Assainissement de l’Agglomération Parisienne est présidé depuis 2015 par Belaïde Beddredine, vice-président PCF du Conseil Départemental de Seine Saint-Denis, compte environ 1700 fonctionnaires territoriaux, est le plus gros donneur d’ordre d’UE en matière environnementale et traite les eaux usées de 9 millions de citadins.

Le Conseil d’administration inclut 33 élus de Paris et des départements 92, 93 et 94. Douze sont Parisiens : on y trouve une très large majorité de gauchistes : 1 seul LR, 1 UDI, 2 ex LR passés fans de Griveaux, 1 LREM, 2 PS et 2 ex PS mis en Marche (Bruno Julliard et Mao Peninou), 2 PCF et 1 EELV. Autrement dit il ne reste plus qu’un seul administrateur de droite, les autres étant à gauche ou au mieux des girouettes.

 

Or il se trouve qu’aucun des élus PCF, EELV et PS – qu’ils soient Marcheurs ou pas - qui participent à la gestion du SIAAP n’a daigné réagir, ni aux nombreux rapports sur les dysfonctionnements du site, ni même à cet incendie. Mais ça ose nous parler d’écologie à longueur de journée !

 

Quand on sait que ces mêmes élus ont participé à reprendre en régie la gestion de l’eau potable, on peut craindre beaucoup pour la qualité de l’eau potable parisienne dans un proche avenir.

Les futurs élus d’Aimer Paris se feront un devoir de réorganiser la gestion de l’eau à Paris. C’est crucial, et bien plus important pour l’environnement que la plantation d’herbes folles autour de quelques arbustes maigrelets.

 

 

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