Tulipes de Koons à Paris : quand provocation rime avec profanation

12/10/2019

Aimer Paris vous invite à lire le nouvel article de Serge Federbusch paru sur le site de Valeurs actuelles. 

 

Dans une tribune au vitriol, Serge Federbusch, candidat indépendant à la mairie de Paris soutenu par le Rassemblement national, brocarde l'inanité de la politique culturelle d'Anne Hidalgo. Dernière excrétion en date, les tulipes de Koons (cliquez ICI pour accéder directement à l'article sur le site de Valeurs actuelles).

 

Puisque cela vient de l'Obs et de la gauche, notre tâche est déjà aux trois-quarts accomplie : l’excellent Yves Michaud, philosophe de son état, n’a eu aucun mal à voir des anus au centre des tulipes « offertes » par Jeff Koons à la ville de Paris en témoignage de solidarité avec les victimes des attentats islamiques perpétrés ces dernières années.

 

D’abord pourquoi des tulipes ? Elles n’ont que peu de rapport avec la mort ou le deuil, non plus d’ailleurs qu’avec la joie ou le pardon. Elles sont plutôt censées symboliser l’amour fou. En réalité, Koons a cherché dans son catalogue commercial ce qui pouvait ressembler le plus à un hommage et, comme la photo de la Cicciolina dégoulinant de sa semence projetée ou les étrons géants n’étaient pas raccords, il a dû s’arrêter à ce choix.

 

En tout cas, rien d’à-propos ni d’adapté. Pendant ce temps, sur les murs du Bataclan, une très modeste plaque ignore toujours le mot de terrorisme ou d’islamisme à l’endroit où cet hommage simple et sobre était pourtant le plus adéquat.

 

En fait de tulipes, il s’agissait plutôt d’un mistigri ou d’un bâton merdeux. Un temps envisagée devant le musée d’art moderne de la ville, au Palais de Tokyo, l’installation du monumental bouquet, pour ne pas incommoder, a finalement été assignée à un endroit bien moins adapté encore : au milieu du jardin des Champs-Élysées, à une encablure des Petit et Grand Palais ; dans un des plus magnifiques ordonnancements du 19ème siècle qui reste sur terre, un chef d’œuvre urbain et architectural qui porte l’Art nouveau à son summum.

 

Rien de plus déplacé, hors d’échelle et vide de sens que ce bouquet final des mystifications de ces iconoclastes modernes, ces Béotiens qui réduisent l’art à la provocation. Contrairement à Dali, Beuys ou Duchamp, Jeff Koons ne surprend pas l’amateur, il épate le gogo. Ses réalisations ne sont qu’emphase technique et dimensions outrées pour faire oublier la faiblesse de son inspiration. Les surréalistes cherchaient souvent dans le minimalisme et le décalé le propos qui irait choquer le regard assagi. Duchamp, pape en la matière, se contentait d’ajouter de légères moustaches à Mona Lisa ou une signature parodique à un bidet. Il n’allait pas convoquer les gros sous et les milliardaires pour esbroufer le badaud et le bobo.

 

Au moins, le saucisson de zèbre des colonnes dites de Buren prétendait-il s’harmoniser avec les lignes verticales des piliers de pierre du Palais Royal. Avec les tulipes de Koons, rien ne peut prétendre d’une quelconque manière s’immiscer dans une esthétique environnante.

 

Faute de talent et d’inspiration, la politique culturelle d’Hidalgo à Paris se réduit à une provocation permanente et de bas étage. Dernière ineptie en date, sous prétexte de Nuit Blanche, on ferme le Périphérique pour escagasser les prolos et les automobilistes en le réservant à des militants Verts à vélo qui y pédalent le temps d’une soirée dans une jouissance presque sacrilège, aussi dérisoire qu’est l’idéologie qu’ils véhiculent.

 

Pendant ce temps, les paquebots budgétivores de la mairie, 104, Gaîté-Lyrique et autres déconnades, sont toujours aussi vides de public. Et la ville s’encrasse, envahie par les rats, encombrée de bitoniaux en tout genre qui nous rappellent à chaque instant qu’Hidalgo garde la haute main sur notre espace vital.

 

« J’ai rien à dire, c’est juste pour salir » proclamait le tag le plus drôle et provocateur qu’on ait jamais vu sur un mur blanc. Que voilà une excellente devise pour la mairie et ses pseudopodes. Faute de pouvoir se hausser par le talent, on rabaisse ce qu’on ne peut atteindre. 

 

Exister par la profanation, cela signe le stade anal diraient les psychanalystes. Tout comme les tulipes de Koons. Anal, ça se termine comme municipal. Remercions Anne Hidalgo pour ce rappel lexicographique.

 

 

 

 

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