LE BAL DES FAUX-CULS

25/04/2019

Je n’ai pas voulu réagir à chaud à l’incendie de Notre Dame. J’ai lu beaucoup d’informations et de désinformations, d’articles et de témoignages, et plus ça va moins j’ai l’impression d’en savoir.

 

Il y a trois possibilités :

 

-un accident, ce qui a été décrété d’emblée.

 

-un attentat, ce qui semble de moins en moins probable, d’abord parce qu’il aurait été revendiqué, ensuite parce que Daesch en a profité pour menacer d’en faire un, ce qui indique que celui-là leur a échappé. Pourtant après St Denis et St Sulpice et toutes les avanies que subissent les églises et cimetières chrétiens en France du fait des adeptes de la « religion de paix et d’amour », ce n’était pas une piste à négliger. Surtout en début de semaine de Pâques, en témoignent les horribles attentats perpétrés au Sri Lanka.

 

-un incendie volontaire dans le cadre de la destruction du beau et de l’ancien qui a le vent en poupe en Macronie. Après tout, le projet délirant de rénovation de l’île de la Cité tolérait moyennement ce monument, visité par 12 millions de touristes par an mais ne rapportant pas assez, et Monsieur Perrault, architecte du projet et réalisateur de la BNF – la seule bibliothèque au monde inadaptée à recevoir des livres- piaffe d’impatience à l’idée de remplacer la flèche brisée par une œuvre qui soit la marque du XXIe siècle. Le petit garçon mal élevé qui nous sert de président a dit « je veux » qu’on reconstruise le toit et la flèche en 5 ans, c’est-à-dire à temps pour les JO, et « plus belle qu’avant », ce qui me semble être le comble de la cuistrerie pour un monument qui a défié les siècles.

 

Je dois dire que je ne crois pas à cette dernière version, même si ça arrange notre imposteur national. Ça l’arrange non seulement parce que cela lui permettra de mettre son mauvais goût au « sévice » d’un lieu de culte emblématique, mais aussi et surtout parce que cela lui a évité de lancer ses propositions à côté de la plaque à l’issue du Grand Faux Débat. Et puis rien de tel qu’une bonne catastrophe pour que les Français se mettent en rang derrière leur chef, il paraît qu’il est monté dans les sondages.

 

En revanche ce qui ressort de tout ce qu’on peut lire c’est que depuis des années les églises de France ne sont plus entretenues. L’état consacre à la charge des 86 cathédrales dont il s’est octroyé la responsabilité par la loi de 1905 un budget que l’on pourrait qualifier de ridicule (333 millions en 2018, pour l’ensemble du patrimoine qui lui incombe donc pas uniquement les cathédrales). La Mairie de Paris participait à l’entretien de Notre Dame jusqu’à ce que Delanoë décide de ne plus rien verser. Mieux vaut subventionner les FEMEN pour qu’elles aillent uriner dans l’église… Il est bien évident qu’Hidalgo continue sur la même lancée, elle qui préfère « fêter » le Ramadan au nom de la laïcité (« my God, I’m athee » dit-elle). Résultat : Notre Dame est en mauvais état, et si un incendie ne crame pas facilement une charpente de chêne de 800 ans de cette taille, l’accumulation des poussières et le mauvais état électrique peuvent bien créer une source de chaleur, et provoquer le drame surtout si les alarmes n’indiquent pas le bon endroit lorsqu’elles sonnent et qu’au lieu de deux gardiens prévus, un seul est appointé faute de budget. Ajoutons à ça les embouteillages des voies sur berge qui retardent les pompiers, appelés déjà tardivement, et le désastre est assuré.

 

Certains ont relevé la bizarrerie des fumées jaunes mais cela peut être dû à beaucoup de choses. J’ignore si le plomb qui fond (250 tonnes) génère ce genre de fumée, à dire vrai je ne crois pas, mais je ne sais pas non plus ce qui pouvait traîner dans les strates de poussières cumulées.

 

Les témoignages se suivent et ne se ressemblent pas : échafaudage non protégé pour les uns, avec alarmes pour les autres, pas d’électricité dans la charpente et pas de travaux en cours, mais le canard enchaîné nous révèle qu’à défaut de sprinklers, il y avait des cloches électrifiées dont l’une a sonné sans raison au moment de l’alarme. Les consignes de sécurité pour les travaux seraient drastiques mais les ouvriers fumaient sur l’échafaudage… Bref, ce n’est pas la faute à pas de chance, c’est la faute à des années d’incurie et de n’importe quoi, comme toujours. On se demande s’il y avait un maître d’œuvre pour suivre les travaux. Monsieur l’architecte des bâtiments de France en charge de l’église mettait-il les pieds sur le chantier ? Qui conduisait les travaux et gérait les divers intervenants ? Les gargouilles ?

 

Est-ce un signe si la flèche refaite par Viollet le Duc est tombée foudroyée sous Jupiter, alors que celle d’origine a dû être démolie sous Louis XVI car elle risquait de s’effondrer ?

 

C’est maintenant que commence le bal des faux-culs : Macron se fait voir allant à la messe au Touquet pour se mettre les catholiques dans la poche : on suppose que l’église du Touquet est mieux gardée que Notre Dame. Il a dû y avoir pour cet office plus de policiers que de fidèles. De qui se moque-t-il ?

 

Arnault et Pinault font la course à « je donne plus que toi ». C’est bien de leur part de donner, si les milliardaires ne le font pas, les autres donateurs seront peu efficaces. Mais cette façon de se précipiter sent quand même le soufre. Ces messieurs sont connus pour leur préférence pour l’art « moderne », dont on a pu voir un exemple avec la Samaritaine. Ces dons sont-ils destinés à ce qu’ils mettent leur grain de sel dans la réfection de la flèche « plus belle qu’avant » ? On aimerait s’assurer que non. On aimerait aussi s’assurer que l’argent récolté n’ira pas ailleurs qu’à la réfection de la cathédrale et ne servira pas au projet fumeux évoqué plus haut. Améliorer et moderniser, c’est bien, massacrer c’est moins bien. Il est vrai que Jupiter prépare une loi et un comité Théodule de plus pour s’assurer que les dons ne s’égarent pas, alors qu’on a déjà des lois pour ça. Pas de problème ça va grever le budget dès le départ.

 

Le lancement par Macron d’un concours d’architecte et un autre projet de loi pour s’affranchir de l’avis des Architectes des Bâtiments de France est plus qu’inquiétant. Nous avons tous les plans de Viollet le Duc. Après s’être assuré qu’il n’y a pas de péril et avoir calculé la charge que peut supporter une voûte endommagée, nous n’avons pas besoin de concours d’architecte pour refaire la flèche. Nous avons besoin d’un bureau d’études sérieux, et il n’est pas exclus d’utiliser des matériaux plus moderne, de faire une charpente métallique, de remplacer le plomb par du titane. En revanche il est exclus de faire un machin moderne sur un bâtiment médiéval.

 

Finalement Notre Dame cristallise tout le mal Français : un pays ruiné par le socialisme où les coupables continuent de plastronner, de dépenser sans compter pour des futilités mais rogner le budget pour ce qui est important, et se posent en donneurs de leçons.

 

 


 

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