DE L’AIR

14/11/2018

 

 

 

Qu’attend-on d’une politique de transports ?

 

Simplement qu’elle facilite les déplacements d’un maximum de personnes, pour un coût raisonnable, avec un impact acceptable en terme de bruit et de pollution, et en sécurité dans la mesure du possible.

En zone urbaine ou dense, il est assez facile d’offrir des services de transports en commun pratiques, rapides, sûrs. Mais il ne faut pas perdre de vue que les citoyens peuvent avoir d’autres contraintes, leur interdisant d’utiliser ces transports : charges à porter, déplacements de nuit, livraisons, interventions d’urgence, médecins, infirmiers, artisans, ou tout simplement commerciaux portant des mallettes d’échantillons… Les transports individuels doivent pouvoir cohabiter en harmonie avec les transports en commun, être fluides, ne pas être entravés pour des motifs idéologiques douteux. Il faut aussi que les intéressés puissent s’arrêter, donc des places de stationnement.

 

Il ne faut pas non plus oublier ceux qui viennent en zone dense, que ce soit ou non pour des motifs professionnels, et ceux qui en partent, pour les mêmes raisons : là encore on peut constituer un réseau de transports en commun pour entrer et sortir de la ville, mais il faudra à chaque étape prévoir des correspondances et/ou des parkings, sinon ces transports ne seront pas utilisables. Et là aussi il faudra bien permettre aux personnes qui ont besoin de venir en ville ou d’en sortir avec leur propre véhicule de le faire sans les bloquer dans des embouteillages démentiels.

 

En zone périurbaine ou carrément rurale, les choses se compliquent du fait que les transports en commun répondent mal à la demande de déplacement. On ne peut pas mettre un bus ou un train devant chaque porte. Seul le transport individuel fonctionne bien, sauf si les intéressés parviennent à mettre en place des systèmes locaux type auto-partage ou taxis collectifs, mais tout cela relève de l’initiative individuelle. Les pouvoirs publics peuvent y aider en prévoyant des sites de stationnement, mais c’est tout.

 

La politique qu’Aimer Paris entend mener aura pour objectif de rendre la circulation fluide en ouvrant de nouvelles voies, et aussi, en partenariat avec la région et avec d’autres communes, de moderniser et amplifier le réseau de transports en commun afin de répondre aux besoins qui se feront sentir dans le cadre du Grand Paris et des JO.

 

Or à quoi assistons-nous aujourd’hui, tant en France qu’à Paris ?

 

Au nom de la qualité de l’air pour Hidalgo, la mairie a engagé une véritable chasse à la bagnole, sans pour autant améliorer l’offre des transports en commun. Depuis la ligne 14 et l’automatisation de la ligne 1 du métro, il n’y a eu aucune extension du réseau, et certaines lignes sont totalement saturées, comme la 13. Le RER B subit des pannes récurrentes, les grèves SNCF pourrissent la vie de ceux qu’on appelle inconsidérément des « usagers » et non des clients. Le fameux Grand Paris a déjà du plomb dans l’aile, et je crains que nous ne préparions les JO avec des locations de trottinettes électriques. Avec le désastre de Vel’Lib et d’Auto’Lib qui ont coûté une fortune au contribuable parisien, on ne sait même pas quoi faire des postes de recharge.

 

La transformation de places qui autrefois voyaient une circulation plutôt fluide : République, Nation… et la fermeture sauvage des voies sur berges ont été à l’origine d’embouteillages invraisemblables. La rue de Rivoli est devenue impraticable, le périph ressemble de plus en plus à un parking. En corrélation avec cette politique, aucune infrastructure routière nouvelle n’a été initiée (la 86 et la 104 ne sont toujours pas bouclées), les routes d’Ile de France se dégradent, la chaussée parisienne est truffée de nids de poules (les trottoirs aussi d’ailleurs), les pseudo-chantiers se multiplient et en rajoutent une couche. Le tram des Maréchaux de Delanoë a rétréci et donc ralenti les Maréchaux, la désynchronisation des feux aggrave les ralentissements. Les pistes cyclables sont mal faites et participent de l’encombrement général. Les automobilistes dégoûtés se tournent vers les scooters, très bruyants, ou vers les trottinettes électriques qui encombrent les trottoirs au mépris des piétons.

Le résultat est l’augmentation du bruit pour les riverains, et des particules fines, puisque presque 100% des particules fines générées par la circulation routière (et qui ne représentent que 10% du total des particules fines) proviennent des freinages et de l’usure des pneus et du goudron. Or plus il y a d’embouteillages, plus il y a de freinages et de frottements de pneus.

 

Comme ça ne suffit pas, on ne construit plus de parkings et les places en surface sont de plus en plus rares et de plus en plus chères (4 euros de l’heure dans le 9e par exemple). Le système des stationnements résidentiels génère des ventouses. Mais c’est encore trop : des sociétés privées peu scrupuleuses font un festival de PV dès que vous avez dépassé votre temps de 1 minute. Conséquence : impossible de livrer, impossible de se garer, impossible d’aller voir des amis Parisiens si vous habitez hors les murs, et les commerces ferment. Si c’est ça la convivialité à la Hidalgo…

 

Mais maintenant qu’on a tout bloqué, on envisage de refluidifier avec des péages. Retour à l’octroi, mais en plus moderne, avec des caméras partout. A croire qu’il y a eu un deal avec Ecomouv et que pour ne pas payer les indemnités dues à l’abandon de cette escroquerie, on recommence, mais cette fois avec ces vaches à lait d’automobilistes. En réalité le but de cette nouvelle plaisanterie est que seule la nomenklatura puisse, comme à Moscou du temps de l’URSS, faire rouler ses convois de berlines officielles en paix dans des rues vides, sans être gênée par les manants. Mais au moins en URSS avaient-ils, en tous cas à Moscou, un métro de qualité. Pas un tortillard puant, saturé et rempli de particules fines (300 fois au-dessus de la norme).

 

Hidalgo veut en plus interdire les véhicules diesel pour 2024. Résultat immédiat : la chute des ventes des véhicules d’occasion diesel, donc une perte sèche pour leurs possesseurs qui voudraient changer de voiture. Ce n’est pas comme ça qu’on renouvellera le parc automobile. Par contre elle laisse la RATP remettre en circulation de vieux bus diesel, qui eux polluent bien, car il s’agit d’une ancienne génération de moteurs. Quelle cohérence !

 

Tout ça au nom d’une qualité de l’air fantasmée. Les voitures actuelles ne polluent quasiment plus. Comme le dit dans son livre Christian Gérondeau : l’air est pur à Paris mais personne ne le sait. Il prend comme source Airparif, site officiel de contrôle de la qualité de l’air, le même qu’utilise Hidalgo, et nous explique chiffres à l’appui que la pollution ambiante a totalement chuté depuis 20 ans. Mais comme il faut faire passer le message écologiste, on crée des faux « pics de pollution » en abaissant les normes bien en-deça des normes européennes.

 

Le gouvernement macroniste (qui est à l’origine de l’autorisation de péages urbains) n’est pas en reste avec son 80km/h vendu pour sauver des vies alors que c’est une mesure dangereuse (interrogez les routiers, ils vous expliqueront), mais dont le vrai but est de davantage rentabiliser les radars, qui fleurissent de plus en plus. Il suffit d’aller faire un tour sur la RN20 entre Paris et Orléans : radars tous les 100 m, dont certains à 70. Des radars à 90 au milieu de 4 voies séparées, juste pour vous empêcher de doubler les camions. Où est la sécurité là-dedans ? Ce n’est que de la malveillance et de la cupidité.

Il n’est pas en reste non plus quand il augmente tellement la TICSE que cela impactera les automobilistes de 207 à 538 euros par an selon les cas pour rapporter 33,5 milliards d’euros en 2018 et 3,7 milliards de plus en 2019. Sachant que le budget complet du ministère inutile de la transition écologique est de 33,8 milliards ! Mais la TICSE va pour 45% dans le budget général de l’état et pour 39% dans le budget des collectivités locales pour payer le RSA. Le reste est réparti et bien peu va à la transition énergétique, moins encore à l’entretien des routes qui se dégradent à vue d’oeil.

 

Or la TICSE est en fait le meilleur système de péage, puisqu’il allie la simplicité du recouvrement à une certaine justice : on paye la route en fonction de ce qu’on consomme, donc au kilomètre parcouru. Cette taxe aurait largement dû suffire à payer les routes, autoroutes comprises, et pas besoin qu’elle soit si élevée. En nous alignant sur la fiscalité de l’Espagne (20 à 30 centimes de moins au litre), elle aurait évité que les poids lourds de transit traversent la France avec un double réservoir. Ils auraient payé leur part. Trop d’impôt tue l’impôt, ce que nos énarques ne comprendront visiblement jamais.

 

Mais avec le culot qui est le sien, Macron nous dit d’abord que cette surtaxation de l’essence et du diesel, qui augmentera jusqu’en 2024, est là pour sauver le climat. Alors que d’une part, le CO2 n’est pas un polluant (il est indispensable à la vie), que ce n’est pas le CO2 qui réchauffe le climat mais le réchauffement qui provoque du CO2, et qu’enfin la part de la France dans les émissions de CO2 est de 1%, de sorte que punir quelques automobilistes, qui d’ailleurs n’ont pas d’autre choix que de payer, ne va guère influer sur le réchauffement (s’il existe).

 

L’argument ne prenant pas il nous explique que 48000 personnes meurent chaque année en raison des particules fines, chiffre non étayé et visiblement issu d’un mélange statistique de décès de causes respiratoires diverses sans lien entre elles, et que des enfants sont malades. Vieille ficelle des escrologiques : faire fonctionner le pathos, instrumentaliser des souffrances qui n’ont rien à voir pour culpabiliser l’automobiliste. C’est indécent. Et puis comme dit un ami : taxer pour faire par force changer les comportements, c’est de l’ingénierie sociétale, c’est immonde !

 

Mais ça ne convainc toujours pas, alors il nous sort l’argument ultime : « c’est pas moi qui taxe » (sous-entendu c’est l’Europe, ce qui est faux). C’est là qu’on se dit que l’écologisme est une religion nihiliste : il y a génération spontanée des taxes, sans doute par intervention de l’Anti Sain Esprit.

 

Mais le sommet c’est que maintenant Macron, qui a peur de la grogne et de la journée Gilets Jaunes du 17 novembre, propose une aide pour ceux qui vont travailler en voiture à plus de 30 km de chez eux. L’aide pour payer les impôts, on aura vraiment tout vu. On s’attendrait à ce que l’opposition hurle après ce matraquage fiscal sans précédents et ces propositions démagogiques stupides, tout ce que LR trouve à dire c’est : on va proposer un chèque essence de 100 euros par mois pour les plus démunis. Encore plus bête que la proposition de Macron, à croire qu’ils font un concours de crétinerie. Heureusement qu’Eric Ciotti a remis les pendules à l’heure. Il remonte un peu le niveau. Dommage qu’il soit à Nice, il aurait fait une bonne recrue pour Aimer Paris.

 

AIMER PARIS est solidaire des Gilets Jaunes et manifestera avec eux le 17 novembre. Nous attendons d’en savoir plus sur l’organisation de cette journée à Paris.

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