Grand Paris perdu ?

12/10/2018

 

Comment éviter l’un des pires naufrages politiques de ces 15 dernières années en France ?

 

Depuis des années, avec Delanopolis puis Aimer Paris, j’alerte et mets en garde contre les risques d’échec du projet pourtant hautement nécessaire du Grand Paris, à la fois structure administrative et infrastructure technique capable de mettre l’agglomération parisienne au niveau des grandes métropoles mondiales concurrentes.

 

Les maux traditionnels de la France sont en train d’avoir raison de ce projet. L’impéritie de petits barons de la politique locale clientéliste a empêché l’émergence d’un vrai pouvoir métropolitain. Chaque entité se recroqueville et il suffit de voir le rôle néfaste de Delanoë et d’Hidalgo en matière de transports et de circulation pour observer les effets délétères d’une politique hostile à l’entrée des banlieusards à Paris. Partout ce sont engorgements, retards, pollution, gaspillages de temps et d’argent pour des millions de citoyens.

 

L’égoïsme petit-bourgeois peinturluré aux couleurs de la gauche et de l’écologie n’est pas une solution.

 

Des dizaines, peut-être même des centaines de millions d’euros si tout finit par capoter, ont été gaspillés. L’Atelier international du Grand Paris, dont les travaux pourtant riches d’idées étaient parfois remarquables, n’a servi à rien. Les pauvres étudiants attendent toujours et attendront longtemps le métro qui mettrait enfin le plateau de Saclay à portée du centre de l’agglomération. Les exemples d’échecs et de retards considérables sont multiples.

 

Pas plus tard que ce vendredi 12 octobre 2018, on apprenait que la livraison de la ligne 15 Sud reliant Noisy-Champs, à l’est, au Pont de Sèvres, à l’ouest, serait décalée (encore) de quelques mois en raison de « difficultés techniques ». Le métro automatique du futur et ses 200 kilomètres de lignes nouvelles font figures de calendes grecques. Cela n’empêche pas les contribuables franciliens d’être largement ponctionnés depuis des années pour ce prétexte ni ne réduit le montant considérable d’emprunts qu’il faudra rembourser un jour.

 

Aéroports de Paris lancera prochainement la construction du terminal 4 de l’aéroport de Roissy. La première tranche, portant sur l’accueil de sept à dix millions de passagers, sera livrée en 2024 pour les Jeux olympiques. Mais ce terminal, qui devait être desservi par la ligne 17, ne le sera qu’en 2030.

 

Seuls les jeux olympiques semblent compter dans l’esprit de nos « responsables »… Mais eux-mêmes sont en péril.

 

C’est le moment où la presse bruit de rumeurs sur l’enterrement définitif du Grand Paris par un Macron soucieux de ne pas faire prendre une raclée aux candidats fantoches qu’il tentera d’aligner en 2020 aux municipales.

 

Que de temps, d’énergie et d’espoirs perdus !

 

Aimer Paris prend l’engagement, s’il parvient à obtenir une majorité en 2020 au Conseil de Paris, de mettre un temps les querelles de clocher et petits calculs de côté pour relancer, par la base, le projet de Grand Paris, signant via le syndicat des transports d’Île-de-France, des accords qui permettront notamment de traiter la question de l’accès rapide et confortable à la capitale pour tous les habitants de l’agglomération.

 

Paris n’appartient pas qu’aux Parisiens. Ce n’est pas de naïveté mais au contraire de l’intérêt bien compris de ses habitants dont il s’agit.

 

 

 

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