Les automobilistes sont les vaches à lait du gouvernement

05/10/2018

Merci de cliquer ICI afin de retrouver l’intégralité de l'article de Serge Federbusch. 

 

PASCAL PAVANI/AFP

 

Amendes bien ordonnées commencent pour les autres, aurait pu deviser le préfet Debacq, ancien directeur de l'Antai, l'agence gouvernementale chargée de vous ponctionner lorsque vous commettez une infraction au Code de la route. Entaille: phonétiquement cela sonne comme un aveu et c'est bien d'entaille dans le porte-monnaie des Français dont il s'agit.

 

Alors qu'il était à la tête de l'Agence nationale du traitement automatisé des infractions, l'homme a fauté en effet: il faisait payer ses contraventions par son administration. «Monsieur Radar», comme il était surnommé, a finalement écopé de 1 000 euros d'amende pour cette fâcheuse confusion des genres.

Ne l'accablons pas car le préfet s'est repenti. «J'aurais dû être totalement exemplaire, même plus», a déclaré M. Debacq lors d'un procès. «Je le paye depuis trois ans et demi», considérant cette affaire comme «la faute majeure de toute ma vie».

 

Mais, Monsieur le préfet, vous exagérez! L'État ne devrait pas du tout vous en vouloir car vous avez rempli votre mission au-delà de toutes les espérances. Les rentrées simili-fiscales permises par cette saignée méthodique des automobilistes ne cessent de battre des records d'une année sur l'autre.

 

Rappelons-nous que, lorsque les radars ont été introduits sous Nicolas Sarkozy, le discours officiel prétendait que leur objectif n'était nullement financier et que, s'ils dissuadaient les chauffeurs trop pressés, ne permettant aucune verbalisation, ils atteindraient leur but.

 

Tsssss. La récolte a comblé les espérances secrètes de nos gouvernants. Les amendes générées par les radars pourraient rapporter jusqu'à 1,23 milliard d'euros à l'État en 2019, une forte hausse due en partie à l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale sur certaines routes, selon des estimations du ministère des finances.

 

En 2019, les sommes ponctionnées devraient totaliser 1,04 milliard d'euros auxquels s'ajouteront 194 millions d'euros de majoration pour paiements en retard, selon une annexe du projet de loi de finances consultée jeudi par l'AFP.

 

Bah! Ce n'est qu'une goutte d'huile dans tout ce que subissent automobiles et motards, à côté des taxes sur les carburants et des péages, sachant que les autres impôts sont naturellement justifiés par l'État pour, parmi les dépenses publiques, entretenir le réseau routier.

 

Si les vaches à lait étaient mécaniques, elles ressembleraient à s'y méprendre à des voitures. Leurs malheureux conducteurs ont tout pour être les cibles de la bien-pensance fiscalisée: ils sont accusés d'œuvrer au réchauffement climatique et de menacer la vie de leurs compatriotes et doivent donc être dûment taxés pour être punis.

 

Monsieur Macron cherche un ministre de l'Intérieur, à ce qu'il paraît. Il songe à promouvoir Monsieur Darmanin, actuel ministre des comptes publics.

 

Osons une première suggestion: que le chef de l'État règle tous ses problèmes politiques et financiers en même temps en renvoyant Monsieur Darmanin à Tourcoing et en nommant le préfet Debacq ministre de l'Intérieur et des comptes publics. Deux ministres pour le prix d'un, un homme qui a démontré son efficacité administrative: c'est une vraie martingale budgétaire à portée de main!

 

Et terminons par une autre suggestion: l'installation d'un radar sur l'avenue des Champs-Élysées afin de verbaliser les bus des Bleus roulant à toute berzingue sur ordre de Monsieur Benalla pour ne pas rater le journal de 20 heures en direct de l'Élysée.

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