BUDGET PARTICIPATIF

03/10/2018

Avec notre maire de Paris, tout est festif, tout est participatif.

 

 

  

Sur le principe quoi de plus démocratique qu’un budget participatif ? Imaginons que des personnes se regroupent pour demander à la mairie de leur quartier une amélioration quelconque : modification d’ouverture de services, embellissement d’une place, amélioration du plan de circulation, que sais-je ? Imaginons que la mairie trouve l’idée bonne et surtout faisable et dispose du budget nécessaire ou puisse l’obtenir en faisant remonter l’information à l’hôtel de ville. Imaginons aussi qu’elle ait étudié le projet afin de s’assurer qu’elle ne va pas à l’encontre de l’intérêt des autres riverains : peut-être organisera-t-elle un petit sondage par internet, sondage qui sera évidemment limité aux personnes concernées et non à tout Paris. Tout cela est très bien. A plus grande échelle c’est l’équivalent du référendum d’initiative populaire.

 

Maintenant voyons le système Hidalgo :

 

-          Des associations subventionnées souhaitent mettre en route divers projets qui les intéressent directement ou qui répondent à leur idéologie, comme par exemple l’installation d’une piste cyclable là où elle gênera un maximum d’automobilistes et de piétons, ou la privatisation d’un espace public, voire des travaux de réfection d’un local qu’ils louent et qu’ils préfèrent faire payer au contribuable plutôt que de mettre la main à la poche (nous avons publié un exemple récent).

 

-          Dans une commune digne de ce nom, le maire ne donnerait jamais suite à ce genre de divagations, voire dans le dernier cas, de détournement de fonds publics. Mais nous sommes en Hidalgopolis.

 

-          Donc notre maire préférée, que même Britney Spears invite à dégager tellement son image est frelatée, dégage un budget conséquent, y amalgame  tous les projets que ces associations amies lui font remonter, plus quelques autres pour faire joli, et lance une grande votation internet pour que la population parisienne puisse s’exprimer et choisir. Notons qu’on ne leur propose pas de refuser les dépenses inutiles : quel que soit leur choix, le budget sera dépensé.

 

-          Tout ça serait très bien si c’était réellement démocratique, fait avec sérieux et limité aux contribuables parisiens, justificatif à l’appui. Malheureusement, en Hidalgopolis, il en va tout autrement. N’importe qui peut voter autant de fois qu’il le souhaite : il lui suffit d’ouvrir des adresses e-mail et de prendre un mot de passe. Qu’importe qu’il habite Paris, Moscou ou Dublin, qu’il ait 3 ans ou 90. A ce compte il n’y a strictement aucun contrôle et la mairie peut in fine faire pencher la balance vers les projets qui l’intéressent ou intéresse ses amis en créant au dernier moment autant de compte qu’il faut pour faire plébisciter ce qui lui plaît, comme nous en avons eu la preuve avec le plan climat.

 

-          Notons quand même qu’Hidalgo se débrouille pour faire rentrer dans ce budget des dépenses qui ne relèvent en rien du « participatif » mais entrent dans le cadre de la gestion normale de la mairie : ainsi une affiche rue de Picpus devant l’école primaire mentionne que « grâce au budget participatif on a rénové les toilettes », comme si avoir des toilettes propres et en bon état n’était pas une obligation du gestionnaire de l’école, en l’occurrence la mairie puisque c’est une école publique.

 

-          La perversité du système est d’autant plus patente que les gens qui de bonne foi ont voté pour quelque chose qui leur plaisait réellement s’imaginent simplement être minoritaires et ont l’impression qu’on leur a demandé leur avis, alors qu’il n’en est rien : ils ont simplement, par leur vote, donné un semblant de légitimité à une arnaque.

 

La démocratie et la transparence dans la gestion des comptes publics, c’est très bien, la démagogie et le clientélisme, ça l’est moins. #Hidalgo dégage !

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