Le long calvaire d’une propriétaire à Paris

26/09/2018

 

Au détour d’une conversation sur les méthodes  assez incongrues de la Mairie de Paris, afin de « lutter » contre les locations de courte durée via le site internet AIRBNB, j’ai eu l’occasion de rencontrer Madame Mauriès, propriétaire d’un studio à Paris. 

 

Celle-ci m’a livré son histoire au travers d’une brève interview, forte en émotions face aux difficultés qu’elle rencontre dans son quotidien et qui lui font vivre un véritable calvaire. 
 

Michael : « Bonjour, pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre histoire » 

 

Mme. Mauriès : « J’ai été contactée en été 2017, via le site internet PAP, par une personne (Mme X.) qui me proposait de louer un studio que je possède à Paris. Tout naturellement, j’ai fait visiter les lieux et, lui ai prêté les clefs lorsqu’elle me les a demandées afin de prendre des mesures. Cette personne a alors saisi cette occasion pour modifier la serrure. Plus tard, j’ai trouvé mon studio en location sur le site AIRBNB

Après d’innombrables et infructueux échanges avec celle-ci, j’ai informé la Mairie de Paris de ma situation le 20 février 2018.

 

Le service compétent m’a répondu que puisque cette personne leur avait certifié n’être ni propriétaire ni locataire, il ne pouvait rien faire. Pire, une des personnes en charge du dossier m’a indiqué au téléphone « on ne va pas tout de même vous poursuivre vous » sur un ton ironique… j’étais consternée. 
 

D’autant plus, lorsque j’ai appris que cette Mme X logeait au sein d’un HLM de la ville de Paris et percevait une rente d’invalidité de 80% de la CAF... alors qu’elle indique sur internet être inscrite au club med gym… J’ai d’ailleurs dénoncé cette situation au logement social de la ville de Paris le 6 mars dernier, mais celle-ci semble être restée lettre morte… 
 

Face à cette paralysie et immobilisme, j’ai été obligée d’assigner moi-même AIRBNB, par le biais de mon avocat, afin de faire retirer l’annonce de leur site internet… ceci n'a finalement abouti qu'en juin 2018. 

Je me disais que le plus dur était derrière moi puisque j’avais fait toutes les démarches possibles et imaginables pour obtenir gain de cause ; malheureusement, cela était sans compter l’intervention de la Mairie qui m’attaque in solidum avec l’escroc ...
 

En effet, j’ai reçu le 17 août une assignation en référé de la Maire de Paris, par le biais d’un avocat payé par le contribuable. Sur cette assignation, il est indiqué qu’après des recherches effectuées par un de leurs contrôleurs assermentés, mon studio avait été trouvé en location sur AIRBNB. Dessus, il m’est sommé d’arrêter cette location en voulant me condamner in solidum avec Mme X. à 50 000 euros. Le plus drôle étant qu’il m’est également demandé 1 500 euros au titre de recherches effectuées par le fameux « détective contrôleur ». Ceci est des plus cocasses puisque comme évoqué précédemment, j'avais transmis en février 2018 toutes les copies d’écran des activités AIRBNB de Mme X. à la Mairie de Paris ... et dire qu'ils ont le culot de demander 1 500 euros pour ce "travail d’investigation". À ce titre, j'aimerais bien savoir comment ce contrôleur a pu trouver seul mon studio sur des milliers d’annonces? Il est vraiment très fort !

Enfin et le meilleur pour la fin, le nom de la personne qui m’avait fait la remarque ironique apparaît sur l’assignation… elle ne l’était donc finalement pas ».

 

Michael. : « Cette situation est véritablement inacceptable puisqu’elle nous montre au grand jour de quelle manière sont traitées des personnes totalement de bonne foi.

 

Par ailleurs, pourquoi la Mairie songe-t-elle à vous assigner en référé puisque l’annonce était retirée depuis le mois de juin ? »
 

Mme. Mauriès «  c’est exactement ça, je ne comprends pas et les bras m’en sont tombés ». 

 

Michael. « Pensez-vous que cette situation pourrait se produire à l’étranger ? »

 

Mme. Mauriès « Ayant beaucoup voyagé notamment à Berlin,  je peux vous assurer que non. La ville lutte par des moyens efficaces et ne se retourne certainement pas contre les propriétaires qui sont innocents dans cette histoire ».

 

Michael. « Comment envisagez-vous l’avenir, vous sentez-vous coupable parce que propriétaire?» 

 

Mme. Mauriès : « Depuis 2 années, je paie le crédit, les charges et la Mairie m’assigne moi in solidum avec un escroc notoire… je suis à bout. Je souffre psychologiquement et cela retentit sur ma santé. J’ai travaillé toute ma vie pour acheter un petit studio pour ma fille et je me retrouve mise dos à dos avec cette Mme X. 

 

J’ai peur lorsque je vois comment j’ai été traitée par la Mairie, je me sens complètement délaissée alors que j’ai été honnête sur toute la ligne… cela est une prime à l’escroquerie ». 

 

Michael. : « La gestion de votre dossier est d’autant plus choquante lorsque l’on sait que de nombreuses personnes sont dans l’attente d’un logement HLM notamment, les jeunes policiers qui assurent jour après jour notre sécurité. Par ailleurs, l’argent du contribuable semble être dilapidé sans réel travail de fond sur les dossiers.

 

Avez-vous quelque chose d’autre à ajouter ?  » 

 

Mme. Mauriès : « Oui, je souhaite partager cette adresse courriel proprios.victimes@yahoo.com afin que toutes les personnes qui se trouvent ou se sont trouvés dans ma situation puissent rentrer en contact avec moi. Je sais ce qu’il faut endurer et je ne le souhaite à personne ; aussi, si mon cas peut aider, c’est de bon cœur que je suis à l’écoute

 

Merci aux équipes de aimerparis et à Serge Federbusch pour m’avoir donner la chance d’avoir une tribune audible sur ma situation ».

 

Michael. : « Nous sommes de tout cœur avec vous et merci à vous de nous avoir fait confiance. Nous reprendrons contact avec vous, afin de faire le point sur votre situation dans un prochain article ».

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