A PARIS EN VÉLO ON DÉPASSE LESOTHO

16/09/2018

 Je ne veux évidemment pas stigmatiser ce pays d’Afrique qui ne m’a rien fait. Après tout si ce petit pays de 2 millions d’habitants (comme Paris) est au niveau pauvreté 161e sur 188, avec un secteur public qui représente 50% du PIB (pour mémoire notre dépense publique à nous est de 57%, le secteur public à proprement parler doit se situer autour de 30%), c’est que la comparaison me semble pertinente.

 

Dimanche aura lieu la journée sans voitures. Pour revenir dans Paris si vous êtes partis en week-end, il faudra montrer un « Inweis », c’est-à-dire un justificatif de domicile. La Mairie ignore que votre adresse figure sur la carte grise.

 

Si vous allez juste voir des amis ou des parents et que vous venez de province ou de banlieue, je n’ai pas l’information. Peut-être téléphoner à la Kommandantür pour obtenir un laissez-passer ? Ou payer un Octroi ?

 

 

A rapprocher du Plan Vélo de Jupiter qui veut que tous les « travailleurs des villes et des campagnes » s’y mettent, et même que des cours de pédalage soit dispensés à l’école (pour le rétropédalage, les cours sont donnés chez LREM). Il prend comme exemple la bonne ville de Grenoble où un maire vert a poussé le bouchon très loin en faisant presque des autoroutes à vélo. Dommage qu’il ne dise pas qu’à Grenoble l’immobilier s’effondre, entre autres à cause de l’insécurité grandissante. Les vélos, il vaut mieux les cadenasser deux fois plutôt qu’une. Cette ville autrefois très bien cotée comme ville étudiante a perdu toute son attractivité en quelques années. Jupiter veut aussi que les entreprises indemnisent les vélocipédistes, comme ils indemnisent les automobilistes.

 

Tout ça participe d’une logique de tiers-mondisation galopante de la France en général et de Paris en particulier. Quand on y pense : les petits Chinois du temps de Mao se déplaçaient en vélo, nous étions en bagnole, maintenant c’est l’inverse.

 

Il est vrai qu’à force de plumer l’automobiliste, de le traquer à coup de Streteo, de l’empêcher de se garer en privatisant la chaussée pour des Velib' qui ne fonctionnent pas, des places Auto’Lib vides, des pistes cyclables inutilisables mais parfaites pour créer des bouchons et faire la chasse aux piétons, et sans offrir davantage de transports en commun propres, fiables, pratiques, accessibles aux handicapés et rapides (le futur métro du Grand Paris a d’ailleurs déjà du `plomb dans l’aile), les Parisiens n’ont plus guère le choix.

 

Au plan national ça ne vaut guère mieux. Le quasi doublement de la taxe sur les carburants depuis que Jupiter est là, le 80 sur les routes, la voirie en piteux état (mais on est sauvé, l’état va engager un petit milliard annuel pour retaper les routes), tout est fait pour décourager l’automobiliste. Le vélo est-il la solution ? A votre avis, l’employé de zone industrielle qui travaille à quinze kilomètres de son domicile va-t-il gagner en qualité de vie en pédalant les matins brumeux ou les soirs pluvieux d’hiver, dans le noir ? Il faut être énarque pour trouver ça "fun".

 

Mais Jupiter vient de lancer un « plan pauvreté ». 8 milliards d’euros en 4 ans pour arroser les « banlieues », comme d’habitude, et offrir un petit déjeuner aux enfants de ces zones. Il veut aussi instaurer un revenu universel en regroupant les aides et en faire un moyen de retour à l’emploi, et déjà il indique que cela coûtera plus cher qu’actuellement. Ne disait-il pas récemment que les aides sociales coûtaient un pognon de dingue et étaient inefficaces ? Rétropédalage, vous dis-je ! En fait son Plan, c’est comme toujours une usine à fabriquer des impôts et des pauvres. Alors dans ce contexte, la voiture devient un vrai luxe et le vélo le seul moyen de se déplacer.

 

Précisons que je ne suis pas contre une simplification des aides, mais avant, il serait judicieux de tout mettre sur la table, de supprimer celles qui ne servent à rien ou sont contre productives, de reconsidérer les conditions dans lesquelles on les donne. Encore une réforme loupée d’avance.

 

Un petit mot quand même sur un candidat potentiel de la Macronie aux élections municipales à Paris : Benjamin Griveaux vient de s’illustrer en regrettant que, pour l’audition au Sénat de Monsieur Benalla, le rapporteur ne soit pas un LREM. Le Sénat étant composé d’élus et représentant le seul contre-pouvoir d’une Chambre à la botte de l’Elysée, on reste pantois devant un tel mépris pour les institutions démocratiques.

 

 

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