Saal temps en Macronie

31/08/2018

 

 

Bien plus qu’une faute de goût administrative, la nomination à l’emploi de consul général de France à Los Angeles du dénommé Philippe Besson, hagiographe jupitérien, est une offense à la mémoire littéraire de Romain Gary, lui aussi consul dans la même ville du fait du général de Gaulle. La qualité des écrits de Gary était - qui pourrait le nier ? -incommensurablement supérieure à celle des texticules de Besson, plumitif dont l’heur principal, nous apprennent les gazettes, est l’amitié d’une Première dame (fonction informelle exercée à l’Elysée). « Arrête avec tes mensonges » : tel était le titre assez prophétique d’un de ses ouvrages.

 

Mais, enfin, on ne peut demander à un chef d’Etat d’avoir tous les talents. Il est déjà président-philosophe, il ne peut être président-littérateur « En même temps ». On a les historiographes qu’on peut.

 

Et puis, cette pléthore de prébendes, de rentes et de sinécures, à quoi servirait-elle si le prince ne pouvait s’en servir et la distribuer comme saucisse sur un chapelet ? Peu importe les grimaces des excellences de la Carrière, les toussotements des fonctionnaires et les mines décontenancées des chroniqueurs : le Nouveau monde est comme l’ancien, avec plus d’espaces à exploiter.

Ce sempiternel recommencement a trouvé, dès le lendemain de l’annonce de la nomination de Besson, une confirmation presque cocasse dans celle d’Agnès Saal aux fonctions de «haut fonctionnaire à l'égalité, la diversité et la prévention des discriminations » au ministère de la Culture.

 

On se souvient encore de la démission d’icelle de la présidence de l’Ina en 2015 après les révélations sur des frais de taxi extravagants (près de 24 000 euros à l'Ina et 24 000 euros au Centre Georges-Pompidou), qui lui avaient valu 6 mois de suspension sans solde et une condamnation à trois mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics, ainsi qu'une double amende.

 

Que les mauvais esprits se calment ! Sa longue pratique des taxis au détriment des VTC, Uber et autres véhicules de fonction a en effet dû lui laisser le temps de méditer sur les méfaits des discriminations. Il fallait davantage de diversité dans les modes de déplacement que diable …

Ces progrès constants de l’exemplarité en Macronie sont en vérité assez mystérieux. Comment ne pas comprendre que le brave retraité CGSisé, à la pension aussi gelée qu’une banquise en réchauffement climatique, fulminera en lisant l’annonce de cette promotion dans son journal favori ?

 

Cette forme d’insensibilité à l’esprit du temps et au sentiment des citoyens est le ferment des troubles les plus graves car elle traduit une incapacité profonde à se réformer et à sanctionner les laisser-aller et mauvaises habitudes.

 

On sent la Macronie comme tétanisée par son propre pouvoir et l’absence de contre-pouvoir.

 

Mais il est vrai que le Gaulois est revêche au changement, d’après ce qui se dit au Danemark. Les dérives peuvent donc dériver avant que les Athéniens s’atteignent, que les Perses se percent et que les Gaulois se révoltent.

 

Article à lire et à relire sur http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/08/30/31001-20180830ARTFIG00201-saal-temps-en-macronie.php

 

 

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