SONNONS LE RETRAITÉ

27/06/2018

La réforme des retraites est en cours d’étude. Après avoir augmenté la CSG de 22% sans compensation (1,7 points n’est pas 1,7% mais bien 22), afin de compenser une hypothétique baisse de charges sur l’assurance maladie chez les salariés « en même temps » qu’une augmentation prévisible des mutuelles, notre Gribouille national va s’attaquer à la réforme qui figurait dans son programme de campagne : étatiser toutes les caisses en les regroupant, afin de piocher la manne des 185 milliards d’euros mis de côté par l’AGIRC et l’ARRCO (Caisses complémentaires du privé), et par les caisses des indépendants et professions libérales, qui paient déjà beaucoup pour recevoir peu, afin de financer les régimes spéciaux et retraites des fonctionnaires qu’on a oublié de provisionner.

 

Encore une fois les cigales se font renflouer par les fourmis. J’attends de voir si cela amène un peu d’équité pour les retraités, avec de gros doutes, ou si c’est juste un pillage de plus.

 

Pour information, le Parisien nous livre un petit comparatif des retraites moyennes en France, complémentaires inclues, selon le régime :

 

 

 

On notera que les retraites des femmes sont largement inférieures à celles des hommes, non par discrimination, mais parce que les parcours de carrière sont beaucoup moins uniformes, que beaucoup travaillent à temps partiel, et que les rémunérations sur lesquelles s’appuient les cotisations sont souvent inférieures : emploi moins qualifié, arrêts de parfois plusieurs années, etc.

 

On notera que l’ASPA, ou Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées, que tout le monde appelle « Minimum vieillesse » est de l’ordre de 800 euros pour une personne seule et 1200 pour un couple, et est versée sous forme de complément pour atteindre cette somme de 800 ou 1200 euros. Cependant lorsque l’intéressé dispose d’un patrimoine, celui-ci est récupéré par l’état à son décès en remboursement des frais engagés.

 

On remarquera aussi que ceux dont les retraites n’ont pas été comptabilisées sont aussi ceux qui touchent le plus, et cela nous donnera une petite idée de la raison pour laquelle nous sommes tellement endettés et grevés d’impôts.

 

S’ajoute à ça le fait que les retraites dites de réversion sont données dans le privé sous conditions de ressources, et donc rognées si le veuf ou la veuve dispose déjà de sa propre retraite, alors que le calcul de la réversion complète a été inclus dans les rentes qu’avait reçues le défunt. Bien entendu cette mesure inique n’existe pas dans le public.

 

Mais la principale réforme des retraites ne va pas s’arrêter à piller le privé une fois de plus pour payer le public. Il y a pire : l’état compte s’en prendre aux pensions de réversion au motif que puisque maintenant la majorité des femmes travaillent, ça ne se justifierait plus. C’est bien faire fi du tableau précédent, car même si elles travaillent, leur retraite personnelle est loin d’égaler celle du mari. Il y a aujourd’hui 4,4 millions de veufs et veuves qui touchent ces pensions, pour un montant d’environ 36 milliards d’euros. Selon Madame Buzin, on ne touchera pas aux retraites ACTUELLES, ce qui se traduit par : mais ceux qui vont prendre leur retraite n’y couperont pas, leur conjoint peut se préparer directement à se trouver un job jusqu’à sa mort s’il en trouve un et s’il est en bonne santé, ou se faire euthanasier comme le préconisait Attali (sauf lui évidemment).

 

Et pour nous amener à accepter l’inacceptable, les services communication de l’Elysée nous lancent via Emmanuel Macron lui-même : « les aides sociales coûtent un pognon dingue ». Aussitôt les experts autoproclamés nous expliquent que sur 750 milliards d’aides sociales, 300 sont dues aux retraites. On l’aura compris : les retraites sont une aide sociale qu’on devrait pouvoir supprimer. Le fait qu’elles aient donné lieu à cotisation proportionnelle au salaire, même si ces cotisations sont différées (les actifs ne paient pas pour eux mais pour les retraités) ne compte pas. De même les remboursements maladie ou les allocations chômage ont été prépayées par un système d’assurance et ne sont pas des aides sociales. Contrairement à l’AME, au CMU et au RSA.

 

En revanche l’ASPA est bien une aide sociale. Or 1/3 des bénéficiaires (24.000 personnes en 2013 mais ne vous inquiétez pas, ça va augmenter) sont soit des étrangers venant de l’Union Européenne n’ayant jamais travaillé en France, soit des étrangers hors UE ayant un permis de séjour et de travail depuis plus de 10 ans, même s’ils n’ont jamais ni travaillé ni cotisé. Précisons qu’on ne vérifie pas le patrimoine des étrangers dans leur pays d’origine : le vol par l’état au moment du décès ne concerne donc que les résidents français réels ayant travaillé en France. Cela représentait en 2013 entre 120 et 240 millions d’euros (personne n’a le chiffre exact), mais puisque l’heure est aux économies, la « justice sociale » devrait s’appeler « charité bien ordonnée » et commencer par servir ceux qui ont payé leur dû avant de servir les autres. D’autant plus que l’ASPA ouvre d’autres droits tels que l’exonération de la taxe d’habitation et la CMU, alors que le petit retraité Français à 800 euros doit se payer une mutuelle.

 

Christiane Chavane

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