[Tribune] Serge Federbusch : «Paris en 2020 ? Ni Hidalgo ni LaREM !» (Le Figaro)

28/05/2018

 

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Aux municipales, droite et centre peuvent reconquérir la capitale française sans En marche !, plaide l'essayiste*.

 

Invasion de rats, gestion démagogique des clandestins, saleté des rues, gouffre financier des Halles et ratés des Batignolles, retards des chantiers du tramway: ce n'est qu'une litanie d'échecs depuis l'élection d'Anne Hidalgo à Paris. Inspectrice du travail censée faire appliquer les lois, c'est sans doute à cause de sa retraite très anticipée à 52 ans qu'elle n'a pas su repérer les énormes failles des contrats Vélib', de la fermeture des voies sur berge à la circulation ou de l'affichage publicitaire. Chacun de ces camouflets coûta une fortune aux Parisiens. Sanctionner Hidalgo s'impose. Les Parisiens se demandent majoritairement par qui la remplacer.

 

Un candidat de LaREM se proposera. Il fera semblant de tout changer pour que rien ne change. Le système médiatique s'est mis en branle pour nous convaincre: la sociologie parisienne, les résultats électoraux de 2017 et le désarroi de la droite locale serviraient sur un plateau la mairie à un macronien. Circulez Parisiens, il n'y a rien à voir.

 

Certes, les frontières sont poreuses entre certains PS, des LR macronisés et LaREM. Mais précisément, sur aucun des sujets névralgiques pour Paris, ces adeptes de la politique du flou ne se différencieraient vraiment d'Hidalgo. Même lutte préprogrammée contre l'automobile, coupable de tous les vices, même fabrication de logements clientélistes dits sociaux, même incapacité à remettre de l'ordre dans les services municipaux, même abandon aux dérives financières des JO 2024, même inertie face à la progression de la dette municipale, même mélange d'angélisme et de rouerie sur les migrants.

 

Les Parisiens vont être les premières victimes de la politique fiscale de Macron, conjuguée à celle d'Hidalgo. En raison des prix du foncier, l'impôt sur la fortune immobilière est concentré sur les propriétaires parisiens. C'est aussi à Paris qu'on compte le plus de propriétaires de résidences secondaires, directement frappés par le maintien voire la hausse de cette taxe. Parallèlement, Hidalgo va s'en donner à cœur joie pour augmenter la taxe foncière en expliquant que le basculement de la taxe d'habitation vers un autre impôt est de la faute de Macron. La mairie pratique déjà le niveau le plus élevé possible de droits de mutation, qui renchérit le prix des logements parisiens jusqu'à l'absurde.

 

Face à ces périls, une opposition décomplexée de droite et du centre peut parfaitement l'emporter en 2020! Hidalgo et Macron iront forcément à l'affrontement: la première ne veut pas s'avouer vaincue et le second a besoin d'une victoire symbolique à Paris deux ans avant la présidentielle. Le réseau d'associations subventionnées d'Hidalgo lui assure un minimum incompressible de 10 % à 15 % des voix au premier tour, voire plus. Macron, en 2020, ne sera pas en meilleur état qu'aujourd'hui. Les mélenchoniens joueront les trouble-fête dans le Nord et l'Est parisiens. Ni les uns, ni les autres, ni les troisièmes ne s'allieront au second tour. Ces divisions sont potentiellement létales pour eux.

 

«Aimer Paris»** a pour ambition de fédérer tous ceux qui veulent éviter le maintien d'Hidalgo ou son remplacement par une pâle copie LaREM. Notre association va offrir aux Parisiens une alternative réelle en 2020!

 

 

* Ancien auteur du site d'information satirique Delanopolis.

** «Aimer Paris» organise sa première réunion publique le 7 juin à 19 h 30 au Café du Pont-Neuf (Ier).

 

 

 

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