A quand Paris enfin propre ?

L’échec de la municipalité d’Anne Hidalgo dans le domaine de la propreté n’est pas à démontrer : il saute aux yeux des Parisiens et pas seulement de ceux, de plus en plus nombreux, qui ont fait la désagréable rencontre des rats qui prolifèrent dans nos rues.

 

Un rapport à plus de 220 000 euros commandé par la mairie pour constater que les citoyens sont mécontents n’a guère arrangé les choses.

 

A cela deux causes principales : le dédain de la municipalité pour ce domaine qui ne permet pas de faire de la communication à paillettes et la désorganisation des services.

 

Depuis l’élection de Bernard Delanoë en 2001, a noté une mission d’information du Conseil de Paris, l’espace public parisien a grandi de 30 %, ce qui multiplie les surfaces à nettoyer et plus de 100 000 personnes supplémentaires y circulent alors que le budget consacré à la propreté est passé de 149 millions d’euros en 2001 à 133 millions d’euros en 2016, soit une diminution de 11 % en euros constants. 

 

Ce ne sont pas les renforts tardifs de 200 agents de propreté entre 2016 et 2017 qui compensent 1 111 emplois du secteur disparus depuis 2001. Dans le même temps, les effectifs globaux de la ville ont augmenté de 50 %, ce qui prouve que la propreté n’était pas prioritaire.

 

Le même constat doit être fait pour les matériels, souvent vétustes et insuffisants en nombre. Depuis 2010, le nombre d’aspiratrices de trottoirs a chuté de 275 à 248, soit d’environ 10 %, et qu’un quart du parc des véhicules de propreté était immobilisé en permanence par des opérations de maintenance ces dernières années.

 

Tout ceci conduit à la démotivation des personnels : l’absentéisme au sein de la direction de la propreté et de l’eau s’élève à 13,3 % chez les éboueurs, quatre fois plus que pour les salariés en moyenne.

 

Anne Hidalgo a répondu par des annonces et des plans successifs qui ne se sont traduits par aucun résultat concret : des grandes proclamations ont été soumises au Conseil de Paris trois années de suite sans succès tangible.

 

Quelles solutions ?

 

Il faut d’abord permettre aux Parisiens d’être entendus avec un numéro Vert et un site Internet dédié, facilement accessibles afin qu’ils puissent signaler les concentrations de crasse. Les services de propreté doivent être notés chaque année par les riverains dans tous les arrondissements.

 

Il faut ensuite réformer le système du balayage, plus défaillant encore que celui du ramassage car les personnels sont peu motivés. Pour cela cette prestation doit être déléguée à des entreprises privées qui seront mises en concurrence et rémunérées en fonction de leurs résultats. On peut ainsi s’inspirer d’exemples étrangers où les prestataires extérieurs sont payés en fonction inverse de la quantité d’ordures subsistantes à partir de constats d’huissier effectués sur des rues choisies par tirage au sort.

 

Ces entreprises pourront alors intéresser substantiellement leurs employés aux résultats.

 

Enfin, il faut que la ville trouve le moyen de récompenser les gardiens et concierges qui s’investissent dans le nettoyage des environs de leurs immeubles ce que beaucoup font déjà spontanément.

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