Parisiens très aisés, très aidés ou très endettés : sortir de la crise du logement à Paris

Le logement à Paris est aussi souvent sujet de satisfaction que de frustration pour les Parisiens. Les propriétaires ayant acheté quand les prix n’avaient pas encore flambé se réjouissent et ceux qui veulent s’agrandir ou, encore plus, les jeunes qui veulent procéder à un premier achat s’inquiètent ou se désolent.

Pour des raisons à la fois clientélistes et de communication, la mairie s’est essentiellement consacrée à acheter des immeubles pour le logement social. Elle s’est laissé aller à conventionner des biens déjà existants afin d’en créer artificiellement et a ponctionné les finances des sociétés de HLM, menaçant leur avenir et aggravant la qualité parfois médiocre de l’entretien des immeubles.

 

De 2004 à 2012, la ville a acquis pour près d’1,4 milliard d’euros d’immeubles. Depuis, et sous l’instigation d’Anne Hidalgo et de son adjoint communiste Ian Brossat, les dépenses se sont envolées et atteignent 400 millions d’euros par an. Il ne faut pas s’étonner que ces préemptions déséquilibrent le marché. En accentuant la différence des loyers entre public et privé, elles créent un irrésistible besoin de trouver un loyer modéré.

 

Le résultat est accablant : le nombre de demandeurs de logement social est passé de 90.000 en 2001 à 250.000 inscrits. Les préemptions attisent la hausse des prix et assèchent l’offre privée jusqu’à atteindre le secteur social lui-même : jusqu'en 2013, la construction neuve représentait 59 % de la création de logement social. Depuis, la proportion s'est inversée à 35 %.

 

Chacun peut aujourd’hui constater que se loger à paris coûte de plus en plus cher, la satisfaction d’un besoin essentiel est devenue un luxe inabordable pour beaucoup.

 

Pour sortir de ce blocage il existe des solutions innovantes et il faut tirer parti des évolutions récentes de la législation (la loi « Elan » notamment).

 

D’abord, il faut massivement permettre aux locataires du parc social d’acquérir leurs logements. Il convient pour cela de créer, à Paris, un droit « opposable », les offices et la ville ne pouvant refuser l’acquisition. Le prix doit être attractif : les mensualités de remboursement ne doivent pas dépasser le total du loyer et des charges majorés de 10 % au plus. Une convention entre la ville et de grands établissements bancaires permettrait de mettre en place les financements à long terme susceptibles d’aider les acheteurs.

 

Les nouveaux propriétaires doivent pouvoir enfin revendre leurs biens après une période de 5 ans.

 

Ainsi, un « choc de l’offre » permettra de déverrouiller le marché et offrira l’accès à la propriété à des dizaines de milliers de Parisiens qui le désirent mais ne peuvent se le permettre.

 

Ensuite, il faut inciter, par une baisse spécifique des droits de mutation et une période d’exonération significative de taxes, les propriétaires de bureaux vides à les transformer en logements pour les vendre. Un meilleur usage des pieds d’immeubles où de nombreuses surfaces commerciales vacantes pourraient être reconverties en logements pour les jeunes acquéreurs, doit également être envisagé.

 

La jeunesse doit à nouveau pouvoir devenir propriétaire à Paris.

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